Petite affiche qui mérite absolument une critique, celle de The Post (Pentagon Papers en français). Je vous mets le résumé du film de Wikipédia :

« En 1971, la première directrice du journal The Washington Post, Katharine Graham, et son rédacteur en chef, Benjamin Bradlee, luttent contre le gouvernement fédéral pour publier les Pentagon Papers, des pages confidentielles et secret-défense qui dévoilent la responsabilité et l’implication politique et militaire des États-Unis dans la guerre du Viêt Nam, de 1945 à 1967. »

L’affiche :

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Simple : deux personnes qui montent des marches. Pas simpliste.

Le décor

L’affiche a une sorte de marie-louise (cadre blanc), et dans ce cadre on voit des marches occupant quasiment tout l’espace. On lui donne donc une certaine importance, surtout comparé aux personnages qui sont dans un coin, en petit. Insignifiant presque.
Ces marches rappellent les bandes noirs de documents confidentiels avec des informations complètement masqués. Il est donc ici question de trouver la vérité, alors que rien n’est donné aux personnages.

Les personnages

Si on s’intéresse aux personnages, on a l’impression que la femme regarde devant elle, quasiment immobile (les deux pieds sur la même marche). Elle regarde le chemin qui lui reste à parcourir, qui peut représenter la vérité à trouver. Dans le cas présent, à révéler. Elle regarde son objectif. L’homme quant à lui est en retrait, le regard vers le bas, légèrement tourné à gauche. Il s’attarde, sur une information, en plein mouvement. Il avance mais il est sans cesse à l’affût.
Une opposition est donc crée entre les personnages et les marches. Opposition représenté par cette orthogonalité entre le décor aux lignes horizontales et les personnages verticaux.

La typo

Le texte est dans une linéale, caractère typographique sans empattement, quasiment aucun plein et délié (épaisseur égale). Un caractère qui ne veut véhiculer quelconque émotions ou humanité. Le but ici est de mettre en forme une information lisible. L’esthétique est délaissé, pour un but pratique.
Comme on me l’a fait remarqué sur twitter (@LeBarberousse) le texte du nom des acteurs peuvent faire penser à des personnes assis sur les marches. En étendant la réflexion et en rapprochant ce que j’ai dit au début, c’est comme s’ils attendaient que les deux personnages viennent à leur niveau, mais qui pour le moment sont indemnes. Des personnes qui sont concerné.e.s par le sujet sur lequel travaillent les deux personnages principaux.

On voit un contraste entre le nom des acteurs, transparent presque, et le titre d’un blanc opaque. Comme si les deux personnages, qui sont au-dessus de ce titre, avait trouvé une première information et l’avait révélé. Les deux noms, qui sont en haut, restent flous. Ils symbolisent l’objectif, les informations qui ne sont pas encore révélées.
La petite touche qui renforce l’aspect document, c’est la date de sortie qui utilise une manuaire (typo style manuscrit, à lettre détaché). Comme si c’était la signature en bas de page.

Mon avis dans tout ça

Une affiche qui raconte quelque chose, c’est bien trop rare, et je boude pas mon plaisir quand j’en vois une. Avec celle de The Post, tout ce que j’aime dans une affiche est présent. Reste à voir le film pour savoir s’il sera à la hauteur de l’affiche, mais avec Spielberg je me fait pas trop de soucis.

Ceci reste bien évidemment subjectif, chacun interprètera différemment l’affiche.
Et vous, vous en avez pensé quoi ?

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