Première affiche d’un film de guerre présenté au sein du blog. Faut avouer que c’est pas ma tasse de thé mais j’en ai vu quelques uns et c’était top (Apocalypse Now, Saving Private Ryan, Fury, Jarhead… ). On va voir comment se débrouille cette affiche.

hacksaw_ridge_xlg

 

Le décor

 

Comme d’habitude on commence par l’environnement dans lequel les sujets sont présents. Ce qu’on voit en premier c’est la fumée, et pas une fumée de pétard. Là on est sur une fumée immense et dense. On pourrait presque le définir comme un ennemi. On peut voir à quel point la fumée est opaque, ça reflète déjà une notion d’incertitude. On sait pas ce qui s’y trouve, on sait pas ce qu’il y a d’ailleurs. C’est l’inconnu. Danger : n’avancez pas plus loin. Et bim, on te pose déjà l’ambiance et ce qu’on va devoir affronter, enfin ce que le sujet va devoir affronter. Pour en revenir à cette idée d’incertitude, les seules choses qu’on voit sont des débris au sol et d’autre en l’air. En gros, on casse la stabilité. Chaque éléments présents dans cette environnement n’est pas en état, ils ont pris cher, et ça sera le tour du sujet s’il va plus loin !

On peut parler du ton qui ici est plutôt terreux, ce qui peut être quelque chose de positif (cf cette affiche, mettre en lien le BFG) mais c’est toujours question de contexte, et là c’est sale, c’est pas rassurant. On est pas là pour pique-niquer et garder nos vêtements bien blancs.

Autre point à noter c’est cette lumière qui vient montrer d’une part la densité de la fumée, et le feu qui ici clairement indique le danger de mort. Le feu de cheminée, c’était à la maison, ici la vie est en jeu. On déconne plus. D’autre part il tombe pile sur le personnage. Le seul personnage. La seule personne prête à affronter cet inconnu.

Le personnage

 

perso

 

Tout d’abord on le voit de dos. Là, ça me rappelle cette idée du héros dont on voit toujours le dos, qui avance toujours. Qui ne craint rien et inspire les autres. Le personnage est en tenue et iel est casqué, on nous donne donc un peu de background sur le sujet. Le casque peut indiquer également qu’iel ne fonce pas sans protection, mais au moins avec le minimum.

Point important à noter, iel est en mouvement. Il se dirige vers la gauche, vers le « passé », vers « l’arrière », vers les blessés et hommes qu’on ne peut pas abandonner.

La structure

 

structure

À ce niveau, on voit clairement une diagonale se construire grâce au rayon de lumière, les traits d’ombre et l’inclinaison que prend le personnage pendant sa course. Aspect intéressant car cela apporte un lien entre l’ennemi et le héros. Le rapport de force est bien sûr différent vu le rapport de taille entre les deux éléments.

Dans cette idée de longueur, on peut noter la justification centré (c’est-à-dire l’alignement) de tout les textes avec chaque groupe de texte placer de sorte à ne pas déranger la lecture de l’image mais reste bien visible malgré tout.

justification

Petit élément important qu’on ne voit pas forcément tout de suite c’est cette petite croix au dessus du texte, qui vient indiquer un lien avec le médical, est-ce que ce soldat est un infirmier ? Ça rejoint l’idée qu’il va cherché les soldats à terre et les blessés.

Petite sélection d’affiche du même genre

 

Le fumée, les nuages pour l’environnement. Le ton sombre, avec des couleurs de terre avec une connotation sale. Les personnages dont ne distingue pas complètement la totalité, souvent en silhouette. Celle de Saving Private Ryan étant celle qui se rapproche le plus ici.

Le point typo

typo

Une linéale (les caractères sans empattement, « sans-serif » en anglais), mais surtout une DIN. La famille DIN, une famille de caractère crée pour le IIIe Reich, notamment le DIN 1451, depuis on trouve des tonnes de DIN. Non attendez avant d’huer ! C’est une typo dont l’utilisation a été récupéré notamment pour la signalétique (celle du centre Pompidou par exemple). C’est une très belle typo, malgré son histoire. Elle a une graisse régulière, une hauteur de capital très importante qui renvoie à la construction vertical de la mis en page avec la justification des textes. On a donc une typo cohérente avec le contexte en plus d’être graphique avec le reste des éléments visuels.

Mon avis dans tout ça ?

« Si un film est une phrase, l’affiche est le premier mot. »

Ce que je veux dire par là c’est que l’histoire commence avec l’affiche, et là c’est le cas ! On a une histoire, on a les sujets qui sont posés, le but, les obstacles. On en dévoile pas trop. Elle reprends le code des affiches de film de guerre comme on a pu le voir plus haut mais ça marche.

Publicités